Le hip-hop thaïlandais a-t-il conquis le royaume de Siam ?

Le hip-hop est sans conteste le genre phare de la culture américaine. Né dans les « ghettos » des grandes villes américaines, il connaît un succès international indéniable. 2015 a d’ailleurs été la meilleure année pour le hip-hop : Kendrick Lamar a ainsi vendu plus de 300 000 exemplaires de son dernier album To Pimp A Butterfly dès la première semaine de sa sortie et l’album a été écouté plus de 9 millions de fois en une journée, dépassant le précédent record détenu par Drake, un autre artiste de la planète hip-hop.

Le genre, incarné outre-atlantique par Jay Z et Dr Dre, connaît-il le même succès en Thaïlande ?

Force est de constater que le rap thaïlandais n’est pas du tout au même niveau que le rock local ou la « T-Pop ». La scène locale est cependant assez vivante avec plusieurs artistes, comme par exemple Thaitanium. Ce groupe  est le plus connu en Thailande avec une page Facebook d’environ 1 million de fans et une page Youtube d’environ 220 000 abonnés. Ils ont réussi a récolter plus de 90 millions de vues sur leur compte.

Le groupe est né en 2000 à Bangkok et a depuis sorti  une dizaine d’albums sans compter les compilations. Leurs titres les plus connus sont « Long Loey » avec 17 millions de vues, «Baby Don’t Stop» avec 4 millions de vues et « Cruising » avec un nombre de vues équivalent.

gp thaitanium

Alors, verdict ? A l’écoute, leur production musicale n’est pas  très différente de la production américaine. Visuellement, leur style est aussi très semblable aux rappeurs stéréotypés avec leurs « clichés » (jeans taille basse, casquette et lunettes, montres et chaînes dorées…). Là où le rap thaï se singularise, c’est au niveau des paroles. Tandis que le rap américain évoque la dure réalité du « ghetto » et dénonce souvent les inégalités sociales en Amérique, le groupe thaïlandais  reprend dans ses lyrics les clichés du rap (jeunes femmes, voitures, « bling-bling » habituel…) quand il ne se limite pas à des bluettes romantiques bien inoffensives.

Mais laissons encore du temps au rap thaï pour grandir : bientôt peut-être le « flow » siamois emportera tout sur son passage…

Michael M.

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