La Pomme de la discorde

jsuis pas dupe

Dans le cadre de la participation du LFIB au concours des Chroniques Lycéennes, les élèves de l’enseignement d’exploration Culture & Création Multimédia ont écouté la vingtaine de chansons francophones sélectionnées pour cette 16ème édition et se sont essayés à l’art délicat de la critique musicale. L’occasion pour eux d’exprimer des opinions parfois divergentes : démonstration avec J’suis pas dupe de Pomme, qui, selon l’expression consacrée, « divise la critique » :

POUR : « Pomme douce-amère »

« Lorsqu’on écoute cette chanson pour la première fois, les images se bousculent dans la tête, inspirantes et mélancoliques à la fois. Le ciel bleu et les fleurs dansent au rythme du vent dans les cœurs  et les esprits, soufflés. Soufflés par le contraste entre cette voix douce et l’ironie du ton que Pomme emploie pour évoquer le côté ténébreux de l’amour, en l’occurrence une désillusion qui fait pencher le genre du côté plus amer que sucré.

Comment ne pas être touché par ces envolées de chœurs, comment ne pas s’imaginer soi-même marchant le cœur brisé au bord d’un océan… de larmes ? »

Elsa D., Alexandra D, Raffaella J.P., Chutiphon B., Sofia C. & Célina B.

CONTRE : « Pas dupe(s) »

Haute comme trois Pommes, l’artiste lyonnaise du même nom nous propose son titre, J’suis pas dupe, dans son premier EP sorti en avril 2016. Malheureusement, selon nous, son fruit manque de goût. Mêlant paroles « gnangnan » et voix frêle, Claire Pommet tombe dans la caricature de l’ado au cœur brisé : une naïveté aveugle dont on rit plus qu’on ne pleure.

Cette nouvelle Cœur de Pirate tente de nous émouvoir avec son amour idéaliste, et on se retrouve dans une petite chambre rose, pleine de peluches – et pourquoi pas de posters de Zac Efron ? – avec un sentiment de déjà-entendu. Vocabulaire conformiste, formulations simplistes : il y a comme un vers dans le fruit… Ses modèles d’inspiration, de Barbara à Camélia Jordana en passant par Françoise Hardy, risqueraient le désenchantement à l’écoute de ce morceau qui traite du dépit amoureux sans reculer devant aucun cliché : « Dans l’ombre de tes yeux / J’ai trouvé les plus beaux mensonges ». Et tiqueraient peut-être devant la facilité des rimes employées : « Et mon coeur, est-ce que t’y songes ? ».

Le rythme lent de la chanson, paradoxalement, ne fait qu’accélérer le processus de fermentation de la Pomme, qui nous sert un jus de fruit insipide à la place d’une pop grand cru.

Lola J. & Justine B.

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